Observation 2 : Vermis

En me baladant en brocante, je tombe sur un guide de jeu vidéo qu’on pouvait trouver en nombre à l’époque. La couverture est assez sombre et y arbore un chevalier entouré de quelques textes « Vermis, donjons oubliés & forêts interdites » ainsi que « guide officiel ». Je suis tout de suite plongé dans une nostalgie imaginaire en ayant ce livre dans les mains. Je n’avais jamais joué à ce jeu mais c’était tout comme. j’avais l’impression de redécouvrir un jeu de mon enfance. Je tends l’argent pour acheter cette relique, fière d’avoir débloqué ces souvenirs factices..

Cette introduction est fictive, mais aurait très bien pu être réelle avec n’importe quel guide de jeu vidéo de l’époque.

J’ai voulu commencer par cette mise en contexte fictive pour vous faire vivre ce que procure cet ouvrage. Il veut vous faire vivre et croire une nostalgie d’un souvenir qui n’a jamais existé, car Vermis n’existe pas. Même si tout laisse à croire le contraire avec une mention sur la couverture « guide officiel », un logo d’un CD sur le côté du livre ainsi qu’une esthétique particulière rappelant autant un jeu Nintendo qu’un souls like (jeu vidéo de la série des Dark Soûl, monument du jeu vidéo Dark Fantasy). En réalité, j’ai découvert ce livre dans un TikTok de Gim Watson, j’ai été conquis par sa critique et j’ai couru l’acheter dans un shop indépendant de ma ville. Suite à ça, j’ai pu enfin commencer ma propre aventure dans ce monde dévasté de « Vermis » et lire cet ouvrage créé par Plastiboo.

Attention, cette observation contient possiblement des spoilers, mais si tu veux découvrir Vermis par toi même, je te conseille de l’acheter en librairie (indépendante c’est mieux), de le lire et de revenir voir cet article et me donner ta vision en commentaire.

Lien pour acheter le livre directement à la maison d’édition :

Dès les premières pages, l’ouvrage pose son ambiance. Un squelette se regarde dans le reflet de l’eau contenu dans un puit, on se rend compte rapidement que ce squelette, c’est nous. On nous invite à faire des choix, dans cette aventure décrite comme « temporaire ». J’ai la possibilité de choisir entre le bien et le mal, à travers un type de « chair » et ensuite j’ai le choix d’un personnage, que l’on peut apparenter à une classe dans les jeux vidéos. Une fois ces pages d’introduction passées, on commence l’aventure dans un cimetière.

L’ambiance est incroyablement bien transcrite, j’ai été absorbé par l’atmosphère. J’ai adoré feuilleter et observer chaque page.

On plonge clairement dans cet univers vidéo ludique qu’on avait effleuré en visualisant la couverture. L’ensemble des pages suivantes ont un processus similaire à tout jeu d’exploration : on découvre un nouveau lieu, on nous présente le bestiaire, quelques données sur la région parcourue, un lore, quelques images et des fois une carte. Comme si on pouvait réellement se promener dans ce jeu.

Plastibbo a réellement articulé son œuvre autour de cette ambiguïté, en y créant un récit dans un monde imaginaire mais complètement viable. On y retrouve une religion, des croyances et une mythologie fictive. On s’en rends compte facilement dès l’introduction avec la mention des différents « dieux connus ». Ces derniers seront mentionnés au cours de l’histoire afin de les décrire et d’établir des relations entre eux. Plus on avance dans les pages, plus on va en apprendre sur les rivalités existantes et effleurer le “pourquoi” ce monde se retrouve dans ce chaos. Pour comprendre ce qu’il nous entour, on se retrouve à lire des indications sur une bague gagnée durement après avoir battu un boss. J’ai immédiatement fait le parallèle avec Elden Ring (un jeu de la série des Dark Souls), ou on peut se perdre dans la lecture d’un simple objet mais qui va nous en apprendre plus sur l’histoire. Ce livre est en quelque sorte une valorisation à cette curiosité unique, que j’oublie trop souvent d’adopter dans ces jeux. Grâce à Plastiboo, j’ai enfin pu prendre le temps de lire ces descriptions cachés et d’en comprendre leurs importances.

A défaut de nous narrer une intrigue et une histoire, l’auteur nous plante le décor. On y retrouve tous les paysages possiblement visitables dans un jeux comme Dark soul : un cimetière et ses cryptes, un marais sombre, une forêt magique et des ruines. On y retourne un bestiaire avec des notions d’histoire autour, la mention de boss à la fin de chaque région, des astuces pour les battre ainsi que du butin à collecter comme des trésors et des équipements spécifiques. 

Niveau visuel l’ouvrage est un recueil de dessins dark fantasy. Les personnages sont très sombres, les paysages sont dévastés, les outils et armes forgées sur des cultures et croyances occultes.

Les illustrations sont très peu détaillées, ce qui permet de rendre l’interprétation de certains passages propres à chacun.

J’ai regretté le déroulement du livre, on sent que le personnage se laisse guider par une sorte de causalité, qui le pousse à parcourir ce monde et de le mettre face à des épreuves.

Il n’y a aucune possibilité de choix, on est obligé de suivre l’histoire, peu importe qu’on ai envie de battre ou de fuire un monstre ou d’éviter un piège. C’est assez frustrant et je trouve que cela aurait ajouter une dimension d’une histoire dont vous êtes le héros très intéressante. On se pose même la question à la fin : “est ce qu’on à réellement réussi à sortir du cimetière ? et/ou “est ce qu’on a vraiment réussi à battre un boss ?”.

Toute cette dimension est assez troublante et accentue la finalité du livre ou on se retrouve face encore une fois à notre reflet dans l’eau. On comprend alors que le livre nous incite à reprendre notre aventure depuis le début… C’était pourtant bien mentionné au début “votre chair est temporaire”.

 

runwood

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Goblin Gentil
Goblin Gentil
6 mois il y a

Très intéressant, Vermis 1 spécifiquement est probalement mon oeuvre favorite de Plastiboo 🔥

World Of Warcraft, WoW Hand Armor